Basilique du Sacré Cœur


La basilique du Sacré Cœur domine actuellement la Butte Montmartre.

Le 1er mars 1871, c’est à cet endroit qu’avaient été déplacés de l’ouest de Paris et stockés les canons payés par les parisiens, de peur que les Allemands ne les confisquent lors de leur défilé sur les Champs Elysées du 1er au 3 mars.

 Après la défaite française de 1870, la perte de l’Alsace et de la Moselle et la Commune de Paris qui a suivi, Alexandre Legentil, homme d’affaires catholique et son beau-frère le baron Hubert Rohault de Fleury lancent le « Vœu national » confrérie patriotique catholique dans le but d’ériger une basilique du Sacré-Cœur [de Jésus] pour la restauration du principe catholique dans la société française et d’un nouvel « ordre moral ». Sa construction, financée par une souscription nationale, débute en 1875 sur le lieu même du début de la Commune le 18 mars 1871 et est explicitement annoncée comme un « monument expiatoire des crimes de la Commune ».

Lors de la pose de la première pierre de la basilique, Hubert Rohault de Fleury s’exprime : « C'est là où la Commune a commencé, là où ont été assassinés les généraux Clément-Thomas et Lecomte, que (s'élève) l'église du Sacré-Cœur ! Nous nous rappelons cette butte garnie de canons, sillonnée par des énergumènes avinés, habitée par une population qui paraissait hostile à toute idée religieuse et que la haine de l'Église semblait surtout animer ».

Sa construction, rendue difficile en raison des cavités creusées dans le sous-sol, nécessitant la réalisation de nombreux puits maçonnés d’une quarantaine de mètres de profondeur, ne se termina qu’en 1923.  Les cavités en question servirent également à enfouir les nombreux cadavres de communards tués dans les combats de la Semaine sanglante. On peut donc dire que le Sacré Cœur se construisit symboliquement et physiquement sur les cadavres de la Commune.

Notons également que cette basilique est orientée Nord-Sud et non Est-Ouest comme le veut la règle pour les églises chrétiennes. Ce qui accentue encore le caractère politique et bien peu religieux du monument.

Émile Zola écrit dans « Paris » dont le personnage principal rêve de faire sauter l’édifice : « Je ne connais pas de non-sens plus imbécile, Paris couronné, dominé par ce temple idolâtre, bâti à la glorification de l’absurde. Une telle impudence, un tel soufflet donné à la raison, après tant de travail, tant de siècles de science et de lutte ! ».

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