Parc Bleustein-Blanchet (anc. Parc de la Turlure)


Au croisement de la rue de la Bonne et de la rue des Rosiers (aujourd’hui intégrée à la rue du Chevalier-de-la-Barre) se trouvait l’un des principaux points de défense de la Butte Montmartre durant la Commune de Paris. Comme le montre l’image ci-dessous, ce passage alors très étroit était défendu par un unique canon, tenant ce secteur stratégique face à l’avancée des troupes versaillaises en mai 1871.

La barricade rue de la Bonne

La barricade rue de la Bonne


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Sans que ce soit nécessaire d'y aller, car cela nous contraindrait à un long et difficile détour, profitons des bancs du parc pour brièvement parler de deux ou trois autres points intéressants liés à l'histoire de la Commune à Montmartre. Pour voir où il se trouvent consultez la carte ci-dessous.

Plan de l'étape

Plan de l'étape

Béatrix Excoffon (1849 - 1916)

Née Julia Euvrie à Cherbourg.

En 1871, elle est vice-présidente du club de la boule noire.

Elle participe à la création du Comité de vigilance de Montmartre. Et le 3 avril 1871, Béatrix Excoffon prend part à une marche de femmes en direction de Versailles, où l’Assemblée nationale est réfugiée. Puis elle met en place une ambulance volante au fort d'Issy, où Alix Payen viendra la rejoindre.

Au cours de la semaine sanglante, Béatrix Excoffon défend la place Blanche sur une barricade le 23 mai 1871 en compagnie d'Élisabeth Dmitrieff, Nathalie Le Mel, Blanche Lefebvre et Malvina Poulain, ambulancière elle aussi. 120 femmes y retardent les troupes du général Clinchant avant de se replier, épuisées et à court de munitions, place Pigalle.

Elle est d'abord emprisonnée à Satory, en compagnie de Louise Michel,  puis à la prison centrale d’Auberive. Elle est libérée en 1878.

Plaque de Béatrix Excoffon

Plaque de Béatrix Excoffon, 9 rue Bachelet

Eugène Pottier (1816-1887)

Le dessinateur sur étoffe et poète militant Eugène Pottier, membre de l’AIT, membre de la commission exécutive de la Fédération des artistes de la Commune se cacha après la semaine sanglante au 80 rue Myrha, au pied est de la Butte Montmartre et y écrivit en juin 1871 le texte de la chanson révolutionnaire « l’Internationale », vraisemblablement sur la musique de « la Marseillaise » puisque la musique actuelle mondialement connue n’a été écrite qu’en 1888 par le belge Pierre Degeyter. L’URSS en fit son hymne national de 1922 à 1944.

Eugène Pottiers

Eugène Pottier

Jaroslaw Dombrowski (Dąbrowski 1836 - 1871)

Le 23 mai 1871, lors de la Semaine sanglante, le général d'origine polonaise Jaroslaw Dombrowski, figure majeure de la défense de la Commune, est mortellement blessé au croisement de la rue Myrha et du boulevard Barbès, au pied d’une barricade défendue par son état-major et une brigade cosmopolite. Il s’apprêtait alors à organiser une contre-offensive contre les troupes versaillaises. Touché par une balle, il est transporté inconscient à l’Hôtel de Ville, où il décède quelques heures plus tard, à seulement trente-cinq ans. La mort de Dombrowski porte un coup décisif au moral et à l’organisation des derniers combattants de la Commune, alors que les combats font rage dans le nord de Paris. C'est dans l'immeuble à côté que se réfugie Pottier après la semaine sanglante.

Jaroslaw Dombrovski

Jaroslaw Dombrovski

Caricature de Dombrovski dans le Père Duchène

Caricature de Dombrovski dans le Père Duchène

NB : Près de la rue Myrha, au 26 de la rue de Clignancourt, se trouvaient les grands magasins Dufayel dont le fronton monumental, orné d’un bas relief réalisé par Jules Dalou, célèbre sculpteur communard, est toujours visible.
 

Fronton de Jules Dalou

Fronton de Jules Dalou
Photo: Chabe01, Wikimedia

 

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