
Statue du Chevalier de la Barre
Square Nadar
Félix Tournachon, dit Nadar, est un photographe portraitiste, mais il est connu comme le pionnier de la photographie aérienne de Paris, à l’aide d’un ballon monté captif. Il était un ami des communards.
Chevalier de la Barre (1745-1766)
L’affaire du Chevalier de la Barre est devenue un symbole de l’intolérance religieuse. Le 1er juillet 1766, un jeune homme de 20 ans est exécuté pour, selon les termes du jugement : « être passé à vingt-cinq pas d'une procession sans ôter son chapeau qu'il avait sur sa tête, sans se mettre à genoux, d'avoir chanté une chanson impie, d'avoir rendu le respect à des livres infâmes au nombre desquels se trouvait le dictionnaire philosophique du sieur Voltaire ».
Il est condamné à avoir la langue tranchée, à être décapité et brûlé, après avoir subi la torture de la « question ordinaire » et de la « question extraordinaire ».
Le chevalier de La Barre est finalement supplicié à Abbeville, le 1er juillet 1766. Il est soumis le matin à la torture de la question ordinaire. Le jeune homme perd connaissance, on le ranime. On lui épargne la question extraordinaire pour qu'il ait la force de monter sur l'échafaud. Il est conduit sur le lieu de l'exécution, en charrette, en chemise, la corde au cou. Il porte dans le dos une pancarte sur laquelle est écrit : « Impie, blasphémateur et sacrilège exécrable ». Le courage du condamné est tel qu'on renonce à lui arracher la langue. Le bourreau le décapite d'un coup de sabre. Son corps est ensuite jeté au bûcher, avec un exemplaire du Dictionnaire philosophique de Voltaire cloué sur le torse.
Voltaire prendra sa défense après sa mort.
105 ans plus tard, la Commune poursuivra le combat pour la laïcité en décrétant la séparation de l’Eglise et de l’Etat dès le 2 avril 1871.

La statue originale du Chevalier de la Barre
Photo: Par Fondazione Torino Musei, Wikimedia

La statue originale du Chevalier de la Barre

Statue originale du Chevalier de la Barre
En 1897, des francs-maçons du Grand Orient de France font ériger devant l’entrée de la basilique une statue du Chevalier de la Barre condamné à mort à 20 ans pour blasphème, devenu symbole des violences et de l’obscurantisme des ecclésiastiques contre l’influence des philosophes du Siècle des Lumières.
En 1897, le bronze montmartrois représente le Chevalier de la Barre en martyr, après qu’il ait été soumis à la « question ordinaire ». Enchainé à un poteau sur le bûcher, à ses pieds un dictionnaire philosophique de Voltaire qui lui avait été cloué sur le torse et la hache qui l’avait historiquement décapité. En 1926, la statue est éloignée de l’entrée et dissimulée dans le square Nadar, puis déboulonnée et fondue sous le régime de Vichy le 11/10/1941.
Le 24/02/2001, le Conseil municipal de Paris décide d’ériger une nouvelle statue, plus classique, œuvre du sculpteur Emmanuel Ball, mais toujours dissimulée aujourd’hui dans le square Nadar. Notons que depuis 1907 une rue du Chevalier de la Barre enserre le Sacré Cœur.
Fontaine Wallace
Après les travaux du préfet Hausmann, le siège et l’écrasement de la Commune, Paris est largement détruit et la population restante vit dans une profonde misère. Un philanthrope britannique, Sir Richard Wallace, décide de financer l’édification de fontaines en fonte peintes en vert profond afin de permettre aux parisiens d’accéder à un réseau d’eau potable. Implantées par l’ingénieur Eugène Belgrand, ces « brasseries des quatre femmes » portant la date de 1872 sont dénommées Fontaines Wallace.

Fontaine Wallace
Photo D. Monniaux, Wikimedia

