
Kiosque de Musique, bd Blanqui

Participants au premier congrès de l'Alliance Internationale des Travailleurs à Genève du 3 au 8 septembre 1866 à la brasserie Treiber. La photographie est issue d'un photomontage de Édouard de Jongh

Appel de Karl Marx à l'unité du mouvement communiste
De la Ière Internationale aux préludes de la Commune
À coté du kiosque à musique, sur le terre-plein central du Bd Blanqui, face au n°11.
Un quartier actif et politisé
En 1864, Napoléon III libéralise timidement son régime : il accorde le droit de coalition, mais le droit d'association de plus de 20 personnes reste interdit. La même année, les ouvriers s'organisent sur le plan international avec la création à Londres de l'Association Internationale des Travailleurs (AIT), sous l'impulsion de Karl Marx, autour de l'idée que « l'émancipation de la classe ouvrière doit être l'œuvre des travailleurs eux-mêmes ». En 1867, les premiers « syndicats » s'organisent ; des grèves éclatent pour la journée de 10 heures et les salaires. En 1868, Napoléon autorise les réunions publiques, officiellement consacrées à des sujets « sociaux » : le droit à l'instruction, le divorce, etc.
Le 13e possède de grandes salles publiques, et les réunions organisées par des groupes actifs rassemblent des centaines, parfois des milliers de personnes — à la Belle Moissonneuse (31 rue Nationale), l'Alcazar Italie (190 avenue de Choisy), la salle de la Fraternité (27 avenue d'Italie), ou encore rue de la Glacière. Le 20 février 1869, 800 personnes se réunissent à la Belle Moissonneuse sur « l'éducation et l'instruction » ; quinze jours plus tard, elles sont un millier ; le mois suivant, 2 000 personnes se rassemblent avenue d'Italie pour discuter d'une coopérative d'enseignement. Les participants sont des ouvriers en casquette et en blouse. « Le seul chapeau est celui du commissaire de police chargé de surveiller la salle. »
L'AIT devient la bête noire de la police : procès, amendes lourdes, peines de prison. Beaucoup de dirigeants de la Commune, dont plusieurs du 13e, auront connu la prison avant 1870. En janvier 1870, le plébiscite organisé par Napoléon pour raffermir son autorité est révélateur : le 13e vote NON, comme tous les quartiers populaires de Paris. Les campagnes votent massivement OUI. Ce résultat, c'est déjà la géographie de la Commune.
Toujours au même endroit (le kiosque à musique)
La situation générale avant la commune
En septembre 1870, un gouvernement de défense nationale est élu, mais le peuple parisien sent qu'il cherche l'armistice à tout prix. Dès le 31 octobre, des blanquistes tentent un coup de force, prennent la mairie et y hissent le drapeau rouge. Paris subit un siège terrible : bombardements, faim, froid. Mais Paris a résisté et en est fier. Le 22 janvier 1871, tandis que les maires délibèrent à l'Hôtel de Ville, la foule réclame la guerre à outrance. L'armée régulière tire sur la foule : 50 morts. L'armistice est signé le 28 janvier ; une Assemblée Nationale, élue en une semaine à la demande de Bismarck pour le valider, s'avère de majorité conservatrice, voire monarchiste.
Pour les Parisiens, c'est une trahison.

