
Au 12 rue Moulin des Prés, Google Maps

Atelier de la Manufacture des Gobelins, vers 1864 - 1875, par Pepper, Adolphus (13–04–1836)
1 million de cartouches entreposées au Moulin-des-Prés
À l’angle de la rue Paulin Mèry et de la rue du Moulin des prés, à proximité du n° 12, un immeuble moderne.
A la place de ce nouvel immeuble situé face à nous, au 12 rue du Moulin-des-prés, se tenait à l’époque une grande habitation avec une cour intérieure à laquelle on accédait par un grand porche. Elle a aujourd’hui disparu mais les vieilles maisons autour ont dû être témoins de la Commune.
Le 3 mars 1871, Émile Duval, accompagné de gardes fédéraux, s’empare d’un million de cartouches entreposées dans la Manufacture des Gobelins (à titre préventif, au cas où les prussiens…) et les cache au 12 rue du Moulin-des-Prés. Dans le 13e, l'insurrection contre le gouvernement de Thiers commence dès le 3 mars.
Le 4 mars 1871, Émile Duval se rend aux fortifications du 9e secteur et en rapporte 26 canons qu’il place dans un premier temps devant la mairie, alors que les prussiens défilent dans Paris. Puis c’est ici qu’il fait cacher les canons et les armes pour éviter qu’ils ne soient repris par les Versaillais.
Émile Duval se nomme lui-même président du comité révolutionnaire et rédige des ordres à l’intention des poudrières des fortifications. Il donne des ordres au commandant Thierce (futur versaillais) qui refuse d’obéir. Il sera conduit manu militari pour interrogatoire et menacé de fusillade : le 7 mars, il était porteur d’un mandat d’arrêt envoyé par Versailles à l’encontre de Duval — mandat qui n’arriva jamais à destination.
Le 8 mars, par mesure de sécurité, Émile Duval fait déplacer les canons de la place d’Italie au 16 rue du Moulin-des-Prés, dans l’école des frères aujourd’hui disparue.
Les provocations de Thiers
C'est alors que le Gouvernement, réfugié à Bordeaux, suspend les moratoires sur les loyers accordés pendant le siège, et supprime la solde de 1,50 francs par jour pour les gardes nationaux. On apprend également la condamnation à mort de Blanqui et Flourens pour les évènements du 31 octobre.
La garde nationale
Avant de continuer, un petit rappel sur ce qu'était la Garde Nationale, dont le rôle fut crucial pour la Commune.
A l'origine en 1789 c'est une garde bourgeoise dirigée par La Fayette chargée de maintenir l'ordre à Paris, ce sont des civils recevant une formation militaire mais ils ne sont pas des professionnels. Elle est maintenue par Napoléon 1er mais Charles X la dissout en 1827 et rétablie en 1830.
En septembre 1870, face aux Prussiens, Le Gouvernement de Défense Nationale renforce la Garde Nationale : à Paris elle comptera d’abord 60 bataillons recrutés dans les arrondissements « surs », puis devant la menace des prussiens, ce sont 254 bataillons majoritairement ouvriers qui seront recrutés. Ils sont payés par la mairie et armés. Ils élisent leurs officiers.
Ils jouent un grand rôle pendant le siège de Paris et se politisent de plus en plus. Ils créent le 15 mars 1871 une « fédération des gardes nationaux » d'où leur surnom de « fédérés ». C'est leur Comité Central de la Garde nationale qui se prononce contre l'armistice de Thiers et qui dirige l'insurrection jusqu'à l'élection des membres de la Commune le 26 mars. Le 13e compte 10.000 gardes nationaux dont 5.000 combattants.
La Garde Nationale sera définitivement dissoute en Aout 1871.

