Émile Duval, général de la Commune


Devant le 46 rue Gérard, une rue tranquille, face à un petit pavillon typique de la Butte-aux-Cailles.

Le 18 mars 1871 dans le 13e arrondissement

Le 18 mars 1871, Émile Duval dirige l'insurrection dans le 13e arrondissement.

Au matin, à 9h30, des coups de canon sont tirés à blanc pour appeler à l'émeute suite à la tentative de coup de force de l'armée pour reprendre les canons à Montmartre et ailleurs. Émile Duval fait disposer 15 canons devant la mairie du 13e et recrute des jeunes pour dresser une barricade et creuser une tranchée rue Godefroy (en protection de la mairie). Dans cet arrondissement, ce n'est pas moins de 44 barricades qui sont levées dans l'ordre et le calme.

Les commissaires de police sont arrêtés par la Garde Nationale et Duval fait occuper le jardin des Plantes, la gare de Paris Orléans, la sucrerie Say. Puis il reçoit l'ordre de s'emparer de la préfecture de police sur l'île de la Cité ainsi que du pont Notre-Dame pour avancer vers l'Hôtel de Ville. Ensuite, Duval retourne dans le 13e et fait arrêter et emprisonner plusieurs généraux découverts à la gare Paris Orléans pour empêcher qu'ils soient fusillés sur place. Rigault et Duval sont confirmés dans leurs fonctions militaires et préfectorales par le Comité Central de la Garde Nationale.

Émile Duval est partisan de marcher tout de suite sur Versailles et exige du Comité Central de prendre le Mont-Valérien avant le 20 mars, mais il est éconduit et chargé de surveiller la prison de Sainte-Pélagie. Pendant ce temps-là, le général Vinoy de l'armée versaillaise, conscient de l'importance stratégique des hauteurs du sud de Paris, fait occuper aussitôt le Mont-Valérien, le fort de Bicêtre et les Hautes-Bruyères à Villejuif.

L'élection des membres de la Commune a lieu le 26 mars. Dans le 13e, le tiers des inscrits vote et élit massivement Meillet, Duval (6000 voix environ), Chardon et Frankel (4000 voix). Blanqui n'obtient que 190 voix. Les conservateurs s'abstiennent en masse. Ce résultat, selon Gérard Conte (spécialiste de l'histoire du 13e), indique qu'il y a probablement eu des consignes de vote, car Frankel, un Hongrois, est inconnu à ce moment dans le 13e : il n'habite pas le quartier et n'est jamais venu y parler.

La mort d'Émile Duval

Le 3 avril, une grande sortie des gardes nationaux est organisée et Émile Duval prend la tête de la colonne qui monte au plateau de Châtillon. Mais, le 4 au matin, cerné de toute part, il se rend et est fait prisonnier, lui et ses hommes, par le Général Pellé sous réserve d'avoir la vie sauve, ce que le général accepte.

Le général Vinoy qui arrive sur les lieux demande : « Qui sont les officiers ? » Émile Duval s'avance avec son chef d'état-major et se présente, et en dépit des promesses faites auparavant, ils sont, sur ordre de Vinoy, fusillés sur-le-champ.

Léo Frankel fait adopter par la Commune le changement de nom de la place d'Italie en « place Émile Duval », et une femme d'un garde national demanda que son nouveau-né soit baptisé « Duval ». « Mais ce n'est pas un saint », dit le prêtre. « Mais c'est un martyr et il sera fier de le porter. »

Aujourd'hui, une plaque dédiée à son nom, inaugurée en septembre 2025, est apposée sur le fronton de la mairie du 13e.

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