
Marches de la rue Atget, Google Maps

Barricade sur le boulevard des Gobelins mai 1871 - Dessin à l’encre brune, rehaussé de gouache par Alexandre Dupendant (Recueil factice. Paris 1870-1871 : le Siège, la Commune, le Gouvernement - BHVP)
La dernière bataille de la rive gauche
À proximité des marches de la rue Atget. C'est le seul endroit qui donne une idée de ce qu'était la Butte aux Cailles au 19e siècle : des pentes très raides, nous sommes sur le rocher constitué de calcaire.
La défense de la Butte aux Cailles
Aujourd'hui, c'est le seul endroit qui donne une idée de ce qu'était la Butte-aux-Cailles en 1871 : un point surélevé, une butte aux pentes très raides car nous sommes sur du rocher, le calcaire grossier de Paris.
Wroblewski, en bon militaire, va en faire un point d'ancrage stratégique pour la défense de Paris lors de la « Semaine sanglante ».
Walery Wroblewski : né en 1836 en Pologne, il est exilé en France depuis 1864 après l'écrasement du soulèvement contre la Russie tsariste. Membre de l'Union des Démocrates Polonais, il participe à la défense de Paris et à la Commune. Il est chargé des fortifications entre Ivry et Arcueil. Après la Commune, il parviendra à s'enfuir à Londres, accède au conseil de l'AIT et finira ses jours à Paris après l'amnistie. Il est enterré au Père-Lachaise.
Les combats (24 et 25 mai 1871)
Les forces en présence :
Les fédérés :
Wroblewski dispose de 3 bataillons : 3500 hommes dont le fameux 101e et plusieurs batteries d'artillerie sur la butte (une de 8 canons, et deux de 4). Il a fait fortifier les boulevards d'Italie (actuellement boulevard Blanqui), de l'Hôpital et de la Gare. Son Quartier général est place d'Italie, et il a des réserves place Jeanne d'Arc et à Bercy.
Les versaillais :
Face à lui, côté versaillais, le général Cissey dispose du 2e corps d'armée composé de 23 000 hommes, cinquante canons et mitrailleuses. Ils installent des batteries dans les forts d'Ivry et de Bicêtre le 23 mai après leur chute.
Le 24 mai, la bataille débute par un terrible combat d'artillerie entre la batterie versaillaise de la place d'Enfer et celle des fédérés de la Butte-aux-Cailles. Dans l'après-midi, 4 attaques successives des troupes versaillaises échouent ; la 4e est même repoussée, c'est l'unique fois où les Versaillais reculent sur ce secteur. Dans la nuit du 24 au 25, 300 Versaillais sont repoussés par une poignée de fédérés lors d'une tentative d'attaque pour le franchissement de la ravine de l'actuelle rue des Peupliers.
Le 25, l'attaque générale reprend de tous les côtés. Les Versaillais sont désormais avantagés par la prise du Panthéon qui découvre la droite de la butte. Les troupes versaillaises avancent entre les fortifications de Thiers et le chemin de fer de la Petite Ceinture ; ils remontent par les avenues d'Italie et Choisy sous le feu des canons et des tirs fédérés des barricades de la place d'Italie. Le général versaillais Vinoy, en renfort, progresse au nord de la Seine le long de la rue Saint-Antoine vers le pont d'Austerlitz. Sur la rive sud, ils passent par les jardins de l'Hôpital de la Salpêtrière, menaçant ainsi les arrières de Wroblewski qui, submergé par le nombre, rejoint la place d'Italie.
Des brigades versaillaises avancent également par les boulevards Arago et du Port-Royal vers les Gobelins que les fédérés incendient pour protéger leur fuite. Sur la place d'Italie, la situation devient intenable. Wroblewski rejoint alors le camp retranché de la place Jeanne d'Arc. Sur le point d'être cerné, il doit, à nouveau, battre en retraite en passant avec environ un millier d'hommes par le pont d'Austerlitz défendu par une batterie de canons grâce aux « Vengeurs de Flourens » : un corps franc constitué d'adolescents qui s'y feront massacrer aux trois quarts (le dernier quart de ces adolescents finira tué sur les barricades de Belleville). Les fédérés qui restent, près de leurs maisons, seront massacrés ou fusillés sur place.
La prise de la Butte-aux-Cailles marque la fin des batailles sur la rive gauche de la Seine. Les combats sont terminés mais les habitants de la Butte n'ont pas encore vu la fin des horreurs. Derrière la ligne de combattants versaillais s'avancent des troupes, formées à la demande de Thiers, qui se livrent à de véritables opérations de terreur : comme à Montmartre et ailleurs, hommes, femmes, vieillards, enfants sont massacrés, suspectés ou non d'avoir participé à la Commune.
La Commune proposera à Wroblewski le commandement des troupes fédérées qui restent sur la rive droite ; il refusera faute de combattants. Il continuera la lutte jusqu'au bout en tant que simple soldat.
Les combats se poursuivront, acharnés, de barricades en barricades jusqu'au cimetière du Père-Lachaise. On estime à au moins 10 à 20 000 le nombre de morts au combat, fusillés sur place ou exécutés après la fin des combats, certains auteurs avançant même des chiffres plus élevés.

