La garde nationale

La Garde nationale est une vieille institution née en juillet 1789, qui a traversé tous les régimes du XIXe siècle. Recrutée parmi les citoyens les plus imposés, elle est souvent apparue comme l’instrument armé des notables parisiens. Réduite à 28.000 hommes à la fin du Second Empire, elle trouve une nouvelle vie avec la guerre franco-prussienne de 1870-1871.

Après la proclamation de la Troisième République et le début du siège de Paris, en septembre 1870, ses effectifs sont portés à 300.000 hommes et s’ouvrent largement aux classes populaires. Une solde de 30 sous par jour est attribuée aux gardes nécessiteux, très nombreux en ce temps de chômage.

En 1871, la Garde nationale parisienne est composée de vingt légions, une par arrondissement, et compte 234 bataillons. Un décret du 6 septembre 1870 organise l’élection des officiers et sous-officiers par les gardes nationaux. Ce mode de désignation aboutit à l’élection de militants actifs des clubs, des chambres syndicales, des sections de l’Internationale. Ainsi, la Garde nationale devient une milice populaire et républicaine, une véritable armée du peuple.

Après la signature de l’armistice, le 28 janvier 1871, la Garde nationale s’affirme comme une force patriotique et républicaine, hostile à la capitulation, et décidée à défendre la République face à la majorité monarchiste de l’Assemblée élue le 8 février 1871.

Le 15 février 1871, les délégués des légions de la Garde nationale se réunissent dans la salle du Tivoli-Vauxhall, près de l’actuelle place de la République pour coordonner l’action des 20 légions d’arrondissement. Ils élisent un Comité central de la Fédération de la Garde nationale d’où le nom de « Fédérés » pour désigner les gardes nationaux.

Le 18 mars 1871, l’armée, envoyée par Adolphe Thiers, tente de s’emparer des canons de la Garde nationale entreposés à Montmartre et à Belleville. La population s’y oppose et fraternise avec les soldats. Thiers s’enfuit à Versailles. Le soir même, le Comité central de la Garde nationale s’installe à l’Hôtel de Ville et exerce le pouvoir de fait. Le lendemain, il convoque les électeurs parisiens pour élire une assemblée communale. Les élections ont lieu le 26 mars. La Commune est proclamée le 28 sur la place de l’Hôtel de Ville en présence d’une foule enthousiaste. Le Comité central remet alors ses pouvoirs entre les mains de la Commune.

Entre sa prise de pouvoir le 18 mars et la proclamation de la Commune le 28, le Comité central de la Garde nationale prend des mesures d’urgence : relance des services publics, levée de l’état de siège, liberté de la presse, libération des prisonniers politiques, suspension de la vente des objets déposés au Mont-de-Piété, rétablissement de la solde des gardes nationaux, moratoire sur les loyers et échéances…

Après l’échec des dernières sorties, en avril, et l’abandon des forts d’Issy et de Vanves, début mai, les Fédérés se préparent à l’assaut des troupes de Versailles. Le 21 mai, les troupes de Versailles entrent dans Paris, par l’ouest. Au cours de la Semaine sanglante (21-28 mai 1871), les Fédérés, réduits à quelques milliers, se défendent pied à pied dans un Paris hérissé de barricades. Les ultimes combats ont lieu dans l’Est parisien, au Père-Lachaise et à Belleville.

Après l’écrasement de la Commune, l’Assemblée vote le 25 août 1871 la dissolution de la Garde nationale.

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https://www.commune1871.org/la-commune-de-paris/histoire-de-la-commune/chronologie-au-jour-le-jour/473-la-garde-nationale-en-1870-et-1871  (Yves Lenoir)

Adolphe Thiers Le contexte de la Commune
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