La semaine sanglante fin de la Commune

Dimanche 21 mai après-midi, l’armée de Mac-Mahon entre dans Paris par la porte de St Cloud où la défense est dégarnie. Menée par des généraux de l’Empire, elle s’y déploie par le sud-ouest. L’information arrive en fin de journée à l’Hôtel de Ville. Mais rien n’est décidé, aucun plan de défense prévu. Sans le savoir, le Conseil de la Commune clôt sa dernière séance. Dans Paris des informations contradictoires circulent. Le général Dombrowsky tente d’organiser la résistance mais les renforts n’arrivent pas. Tueries et arrestations ont déjà commencé…

Le 22 au matin, une partie des 15e et 16e arrdts sont déjà occupés. Delescluze appelle les parisiens au combat, Paris se couvre de barricades, érigées et défendues par tous, hommes, femmes, enfants.

Le 23 au matin, la ligne de front court le long des voies ferrées de St Lazare et Montparnasse en passant par la Concorde. Les fédérés sont pris en tenaille (au nord grâce à la complicité des prussiens). Montmartre et Montparnasse sont pris. L’acharnement des troupes devient sauvage, les prisonniers sont abattus sur le champ, les communards reculent malgré des îlots de résistance acharnée (Place Blanche, une barricade tenue  plusieurs heures par des femmes est restée dans les mémoires).

Le mercredi 24 vit le début des grands incendies, dus aux obus et bombes à pétrole que les Versaillais font pleuvoir sur la ville. Les cadavres s’entassent suivant leur progression. Six otages ou espions sont alors fusillés à la prison de la Roquette. Les parisiens incendient les Tuileries et l’Hôtel de Ville, pris à son tour comme le Panthéon, le centre de Paris, jusqu’au 10e arrdt. Les membres de la Commune se replient sur la Mairie du 11e arrdt. Le massacre a pris une dimension furieuse, l’armée tue le peuple de Paris sans distinction de sexe ou d’âge.

On combat une armée six fois plus nombreuse. Tenue deux longs jours par le général Wroblewsky, la Butte aux Cailles cède et la rive gauche est conquise le 25 mai. Des réactionnaires sortent de leur trou et les dénonciations viennent grossir le nombre des arrestations dans les quartiers occupés. On fusille en masse, même les blessés, souvent à la mitrailleuse, dans les cours des Mairies, les casernes, les édifices publics, les squares.

Le 12e arrdt, la Bastille, la Villette tombent à leur tour le 26, la résistance se concentre sur Ménilmontant et Belleville. Cinquante otages (gendarmes, religieux, espions) sont exécutés sans commandement rue Haxo.

Le samedi 27, le cimetière du Père-Lachaise est pris à revers, on combat parmi les tombes. Le 28 au matin, les fédérés ne tiennent plus que deux morceaux des 11e et 20e arrdts, grignotés jusqu’à la dernière barricade au bas de Belleville… Tout est fini.

Le fort de Vincennes, à l’écart des combats, sera désarmé le lundi 29 mai, les derniers défenseurs fusillés.

D’épouvantables témoignages relatent les ruisseaux de sang s’écoulant dans les rues, s’échappant des abattoirs qu’étaient devenus le Luxembourg,  la caserne Lobau, ou l’extermination continuait. Le sang  des milliers de cadavres qui furent jetés à la fosse commune, à la Seine, dans des puits ou des carrières… et qui donna son nom à cette dernière semaine de Mai 1871.

 

La répression La presse pendant la Commune
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