Le 18 mars début de la Commune

Thiers veut en finir avec l’agitation républicaine à Paris. Les militaires ont ordre de s’emparer des canons avant le lever du jour.

Rassemblés sur les hauteurs de la ville, ces canons ont été achetés par souscription publique. Pour les parisiens, c’est à la fédération républicaine de la Garde Nationale d’en disposer, certainement pas à une armée à la solde des monarchistes.

C’est au cœur de la nuit que commencent les mouvements de troupes. Aux Buttes-Chaumont, à Belleville et à la Villette, l’opération semble se dérouler comme prévu. Les soldats occupent les postes de la garde nationale, et commencent à évacuer les pièces d’artillerie. Mais les attelages qui doivent évacuer les canons tardent à arriver.

À Montmartre, la brigade du général Lecomte ouvre le feu sur un garde national qui refuse de céder le passage. Louise Michel, présente sur les lieux, court alerter le comité de vigilance; on bat le rappel dans tout le quartier. Alertée par le bruit du tambour, une foule nombreuse d’habitants et de gardes nationaux furieux se masse au bas des buttes. Au petit matin, les femmes du quartier se rassemblent devant les canons, et interpellent les soldats en leur apportant du lait et du pain. Pendant ce temps, aux cris de « Vive la République », les soldats du 88ème régiment de ligne se rallient à la foule. Gardes nationaux et lignards avancent vers les troupes de Versailles, déterminés à conserver les canons. Cerné, par trois fois le général Lecomte ordonne de tirer sur la foule. Les lignards refusent. Ils lèvent les crosses de leurs fusils, en signe de mutinerie. Lecomte est arrêté ainsi que ses officiers. L’insurrection se répand dans Paris et de nombreux soldats fraternisent.

Dans l’après-midi le général Clément Thomas, qui s’était déjà illustré en réprimant l’insurrection de 1848, est reconnu alors qu’il inspecte des barricades habillé en civil. Il est conduit rue des Rosiers où se trouve déjà le général Lecomte, sur la butte Montmartre. Tous deux sont fusillés par leurs troupes.

Le gouvernement donne l’ordre aux troupes d’évacuer Paris, y compris les forts du sud restitués par les Prussiens. Thiers, dépassé par la tournure des évènements, s’enfuit illico pour Versailles. L’autorité de l’Assemblée n’a plus cours à Paris. 

Ignorants de la victoire, les quartiers se dépavent, on élève des barricades. Le Comité central n’est en rien impliqué dans les événements de la journée, mais des bataillons prennent les casernes, occupent l’Imprimerie Nationale, puis l’Hôtel de Ville déserté.

Dans la soirée, les membres du Comité central qui y sont réunis se retrouvent aux commandes d’une ville libre et décident d’organiser des élections.

 

Le fonctionnement de la Commune Adolphe Thiers
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