
Tombe de Denis Dussoubs

Tombe de Denis Dussoubs

Tombe de Denis Dussoubs
Wikimedia (Silvanoc)
Denis Dussoubs (1818 - 1851)
Cette tombe abrite la dernière demeure du républicain Denis Dussoubs (1818-1851). Après avoir participé à la révolution de 1848, il s’opposa au coup d’État de 1851 : il revêtit l’écharpe tricolore de son frère député socialiste pour se rendre sur la barricade de la rue Montorgueil à Paris. S’avançant seul et désarmé face à la troupe pour convaincre les soldats de se rallier à la République, il y mourut d’une balle de fusil. Il devint ainsi, à l’instar d'Alphonse Baudin ou plus tard de Victor Noir, un martyr républicain et c’est en tant que tel que son tombeau est connu.

Denis Dussoubs par Auguste Collard
Sur la stèle, un bas-relief en bronze représente au centre, une barricade ; à droite, Denis Dussoubs, debout, étendant la main droite dans la direction d’un peloton de soldats qui le mettent en joue ; à gauche, un officier, le sabre levé, commande l’exécution ; au second plan, près de Denis Dussoubs, un soldat, muni d’une lanterne, éclaire la figure du combattant afin qu’on le puisse viser sûrement. Cette clarté permet de lire le nom de la rue « Mauconseil ». Une couronne de laurier et une palme en bronze sont fixées dans la stèle au-dessus du bas-relief. Sur la face postérieure du monument, ces mots : « Je meurs avec la République », ce fut sa dernière parole (Victor Hugo, Histoire d’un crime). L’ensemble des ornements de ce tombeau, élevé au moyen d’une souscription démocratique en 1880, fut réalisé par le sculpteur Charles Capellaro.
Charles Capellaro (1826- 1899) était un statuaire de talent, titulaire de trois médailles à des expositions nationales. Il s’engagea comme garde au 195e bataillon de la Garde Nationale et devint délégué de la légion au Comité Central. Membre de la délégation municipale du XIe arrondissement, il appartint à la commission qui fit réquisitionner et brûler la guillotine devant la mairie du XIe. Il fut condamné en 1872 à la déportation simple en Nouvelle-Calédonie.
