Maxime Vuillaume (1844 - 1925)


Maxime Vuillaume est né en 1844 en Beauce.

Lorsqu’il est à l’école des mines, il est avec toute la jeunesse frondeuse du quartier latin.
Cette jeunesse fréquente assidûment les cafés, brasseries…Gambetta, Courbet, Vallès, Eudes et tant d’autres. C’est la bohème littéraire et l’opposition révolutionnaire au second empire.

Maxime Vuillaume par Pierre Petit

Maxime Vuillaume, par Pierre Petit (1910)

Après tous les évènements de 1870, Maxime Vuillaume endosse l’uniforme comme tout le monde. Il est lieutenant dans le bataillon commandé par Charles Longuet (futur gendre de Marx).

Vuillaume décide de faire renaître le journal « Le Père Duchesne » de la 1ère République avec Vermersch et Alphonse Humbert. Ils prennent cette décision dans une petite chambre que Baudelaire avait occupé, sur la table même où il a écrit "les fleurs du mal ».

« Le père Duchesne » c’était le journal des sans-culottes sous la Révolution Française.
« Le père Duchesne » c’est un personnage fictif, un réparateur de fourneaux à Paris, un éternel insurgé, toujours enclin à dénoncer les injustices.

Ecoutez ce que nous pouvions y lire.
« La grande colère du Père Duchêne contre les gredins de financiers, grippe-sous, monopoleurs, accapareurs, qui font un Dieu de leur coffre-fort, et qui excitent le désordre et le pillage pour faire la contre-révolution. »

— « C’est cela qu’il nous faut ! » Disent-ils

12 jours avant le 18 mars, le journal paraît.
Ce premier numéro appelle à la grève des loyers et harangue les capitulards.
Le 10 mars la censure guette. Mais ils résistent.

Le numéro après les élections …écoutez…
« La grande joie du Père Duchêne de pouvoir enfin causer des affaires de la nation avec les bons patriotes qui ont chassé tous les jean-foutres de l’Hôtel de Ville »

Très rapidement un tirage de 60 000 exemplaires sera atteint.

Après la semaine sanglante, Maxime Vuillaume se réfugie en Suisse.
Il y sera ingénieur des mines : construction de tunnels ferroviaires dans les Alpes, exploration du bassin houiller en Russie pour une société de dynamite. Il rédige des ouvrages de vulgarisation scientifique.

Il rentre définitivement à Paris en 1887 et se consacre exclusivement au journalisme.
Il va approfondir ses recherches sur la Commune amassant inlassablement des pièces à conviction.

Deux premiers récits sur la Commune ne trouveront aucun preneur.
C’est son ami Lucien Descaves, écrivain, membre de l’académie Goncourt, qui portera son manuscrit à Charles Péguy. Très enthousiaste, Peguy accepte sans condition la publication et trouve le titre « Mes cahiers rouges ».

Dix cahiers racontent ; une articulation entre le singulier et le collectif, une écriture dynamique, vivante, factuelle, littéraire. Il y fait parler les témoins. Il nous y livre sa correspondance épistolaire avec bon nombres de communards.
Un témoignage magnifique, aux premières loges, à travers un Paris révolté.

Il dira : — « Je voulais écrire l’histoire de ceux qui n’ont pas d’histoires, je ne voulais pas faire œuvre de parti, je voulais faire œuvre de vérité. »

Il rentre à l’hospice en 1924 et y meurt un an plus tard à 80 ans.

Pour en savoir plus.

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