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Pierre Leroux
Pierre Leroux (1797 - 1871)
Né en 1797 dans une famille parisienne modeste, Pierre Leroux fait de brillantes études qui lui ouvrent la porte de l'Ecole Polytechnique. Il y renonce cependant afin de subvenir aux besoins de sa famille. Il devient maçon puis chef typographe dans une imprimerie. Il conçoit même en 1822 la linotype, première machine à composer à l’aide d’un clavier.

Pierre Leroux (vers 1865)
Pierre Leroux est un penseur des débuts du socialisme, un socialiste utopique. En son temps, il était plus célèbre que Joseph Proudhon. Il passe pour l’inventeur du mot Socialisme. Il précisait en 1831 : « C’est moi qui le premier me suis servi du mot socialisme. Je forgeai ce mot par opposition à individualisme qui commençait à avoir cours. »
La pensée de Pierre Leroux est essentiellement religieuse, une religion de l'humanité qui s’appuie sur l’idée d’un apparentement très fort du socialisme et du christianisme. Il propose un solidarisme qui met l’égalité au centre de ses préoccupations.
Pourtant Pierre Leroux conçoit le rapport des classes en termes de « lutte de ceux qui ne possèdent pas les instruments de travail contre ceux qui les possèdent » et considère que la misère ouvrière n’est pas le résultat d'une loi de nature, mais d'un état de choses précis : la production capitaliste.
Il exerce son influence surtout dans les milieux littéraires. Il y rencontre George Sand qui devient son amie, elle l'invite dans la Creuse. Il s'installe à Boussac pour créer une imprimerie en 1845. Dans le même temps, il fonde une communauté socialiste, sorte de phalanstère, qui compte quatre-vingts personnes. Ils travaillent à l'imprimerie mais aussi à l'école et dans une ferme qui applique les principes qu'on appelle aujourd'hui permaculture.
La revue sociale qu'ils imprimaient était diffusée dans toute l'Europe. Les femmes avaient les mêmes salaires et droits d'écrits ou de parole que les hommes. Ils portaient une foi dans cette expérience pionnière, malgré la monarchie, de réaliser leur République et leur socialisme.
Pierre Leroux est élu maire de Boussac suite à la Révolution de 1848, puis député de la Creuse. Farouchement républicain, il s'oppose à la politique de Louis-Napoléon Bonaparte dont il pressent la dérive autoritaire. Il s'exile après le coup d'Etat de 1851 à Londres puis sur l'île de Jersey où il fréquente Victor Hugo.
Mort le 12 avril 1871, la Commune décide alors de lui rendre hommage par des obsèques officielles. Le procès-verbal de la séance du 13 avril précise que « la Commune décide l’envoi de deux de ses membres aux funérailles de Pierre Leroux, après avoir déclaré qu’elle rendait cet hommage non au philosophe, partisan de l’école mystique dont nous portons la peine aujourd’hui, mais à l’homme politique qui, au lendemain des journées de 1848, a pris courageusement la défense des vaincus. ».
Dans le cortège viennent d’abord les femmes puis la corporation des ouvriers typographes. Un bel hommage.
